premier labyrinthe
j'ai rencontré un poète
un chat noir
élancé gracieux athlétique
anguleux mouvant détaché
et pourtant
il semble vouloir partager
quelque chose
cela m'a rendue joyeuse
lumineuse
enfin
alignée avec cette rencontre
heureuse
hâtive presque
mais j'aime son rythme de pattes sûres
qui me dit que j'ai
peut-être
le temps
même si ce soir
tout à coup
et
soudainement
je crains de me noyer
dans tous ces mots
ces labyrinthes de sensations
qui m'échappent
dont je ne comprends entre les lignes finalement que peu de choses
qui me font mesurer encore et toujours la distance entre les êtres qui pensent
et j'ai envie de crier :
NON !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
parce que je me connais un peu
il y a toujours un moment
où je commence à avoir peur
et la peur me fait fouiner
et la peur me fait fouiller
et la peur me propose de complexes labyrinthes
et des rêves remplis de couloirs infinis et sans issues
et je déteste ça
comme si avoir peur c'était déjà toujours le début de la fin
atterrissage brutal en plein vol plané
parce que la peur me fait décoller
je n'arrive plus à rester ancrée
bon
passons
j'ai rencontré un poète
et je t'écris pour avoir un tiers
une amitié sincère
qui me tende la main
j'ai rencontré un poète
et je pense à toi
si parcimonieux avec tes mots
j'ai rencontré un poète
et tu me manques encore
toi qui voulais parler mais qui à présent ne dis plus rien
toi qui m'est perdu dans une vie lointaine
où il n'y a qu'un peu voir pas trop de place pour moi
toi qui vit dense danse dense
je suis encore jalouse de cela
j'ai rencontré un nouveau poète
l'un de ceux qui se déclarent comme tels
et je pense à vous
qui avez laissé tomber le mot pour le vivre
vous dont l'épaisseur me donne toujours l'eau à la bouche
j'ai rencontré un poète
et j'ai l'eau à la bouche
peut-être
c'est vrai
mais je n'en sais rien
car il y a la légère danse des pensées
à l'envers de la peau de l'une et de l'autre
qui semble vouloir entamer une étape nouvelle
plus précise peut-être
mais précise de quoi ?
je ne sais pas
pour une fois
je voudrais
que les mots ne plus m'encombrent
que la vie avale les venteux
en goule
que je digère
de la matière
première
des instants
concrets
le contraire de fuir
de fuyant
c'est
(zut y'en a plein)
certain - constant - durable - fixe - sûr
comme un rendez-vous pris une fois par semaine
(trois nuits par semaine
sa peau contre ma peau
et je suis avec elle)
(zut c'est encore toi et toi qui est juste qui est qui fait du pensée bombing, mais quand tu t'en vas pourquoi tu restes comme ça ooh, pas que ça ne me fasse pas plaisir mais c'est douloureux un peu si, j'aimerais vivre concret encore, pas juste une chanson débile chargée d'espoir naïf puis de déception, les épisodes en pointillés je veux un point t'y es)
voilà
tu m'as déconcentrée
de mon poète
d'un chat noir
pour une âme de chatte noire
qui danse
quand on croit se ressembler trop
quoi
mais comme d'habitude
je vais trop vite
je brûle le étapes
je prends l'ascenseur
j'ai pas appris à prendre l'escalier
c'est pénible
de ne pas savoir monter les marches
c'est pas l'effort que ça demande
c'est de ne pas savoir où poser le pied
c'est où la prochaine ?
c'est l'heure où je devrais dormir
et je t'écris
en attendant de voir s'il y a vraiment une marche
pour monter ou descendre quelque part
escalier de Penrose
gravé par Escher
premier labyrinthe
très chèr.e