Pourquoi les sacrifices ?
Pourquoi tue-ton ? Qui ? Quoi ? Dans quel but ? Tue-t-on en soi ce que l'on ôte en-dehors de soi ?
Sacrifice, même racine que sacré, qui sépare.
Anne D. et le sacrifice des jeunes filles dans les tragédies grecques comme ultime mouvement de révolte de celles-ci (Antigone, Iphigénie), pour terminer un monde et en commencer un nouveau (et bien d'autres conclusions qu'elle tire d'une grande sensibilité et justesse aussi sans doute, comme toujours <3).
Sacrifier un mouton pour se nourrir, le faire de ses mains. Ôter la vie à un être fait presque comme toi, qui pèse quasiment le même poids. Le faire parce que tu penses que c'est ce qu'il faut faire, selon un raisonnement élaboré avec soin, méticuleusement, dans la réflexion. R. dit que cela te révèle que tu es en mesure de t'ôter la vie à toi-même. Avant, tout est absolu. Le Moi le Je est absolu. Ensuite, toute action s'inscrit dans un cadre plus large. Il n'y a plus que toi qui compte. Tu fais partie de quelque chose qui t'excède. Tout peut t'arriver à toi aussi, y compris d'être sacrifié pour autre chose.
Pas de religion, pas de rituel. Juste cette ambiance. De la tension à la concentration méthodique jusqu'au besoin de joie, d'allégement.
Contre la migraine, le bonnet de laine tout chaud sur les oreilles, dans le jardin j'ai improvisé grâce à la demande de S. Je ré-écoute demain.