les barbaras
je connais des Barbaras
qui tous les jours qui tous les jours recherchent
la précision des choses
qui s'interdisent les airs moroses
qui vivent enfin qui vivent enfin
pour pouvoir s'entendre dire
je suis en vie et oui c'est bien
il n'y a rien d'autre à faire
car un enfant qui pleure c'est un enfant qui pleure
car un enfant qui meurt c'est un enfant qui meurt
ça ne part pas avec l'alcool
ni avec des plaintes frivoles
c'est des histoires de perspectives
de peaux arrachées distendues
faites de glaise de bois de cire
et de sourires de chattes lascives
je voudrais tu le sais bien
retrouver un paradis perdu
d'amour qui coule entre les mains
comme l'eau qui s'échappe et revient
le figer, pour moi, suspendu
mais sans les jours mais sans les jours
qui se succèdent
il n'y a pas de vie et pas d'amour
je suis seulement indiscrète
c'est dans le soin patient, quotidien
de reprendre les petites choses
jour après jour comme un jardin
que pourront fleurir les roses
pouvoir le faire ce n'est pas rien
c'est triste de gâcher
les Barbaras sous barbelés
sont des Christs oubliés
car un enfant qui pleure c'est un enfant qui pleure
car un enfant qui meurt c'est un enfant qui meurt