Marie Papillon

les barbaras

je connais des Barbaras

qui tous les jours qui tous les jours recherchent

la précision des choses

qui s'interdisent les airs moroses

qui vivent enfin qui vivent enfin

pour pouvoir s'entendre dire

je suis en vie et oui c'est bien

il n'y a rien d'autre à faire

car un enfant qui pleure c'est un enfant qui pleure

car un enfant qui meurt c'est un enfant qui meurt

ça ne part pas avec l'alcool

ni avec des plaintes frivoles

c'est des histoires de perspectives

de peaux arrachées distendues

faites de glaise de bois de cire

et de sourires de chattes lascives

je voudrais tu le sais bien

retrouver un paradis perdu

d'amour qui coule entre les mains

comme l'eau qui s'échappe et revient

le figer, pour moi, suspendu

mais sans les jours mais sans les jours

qui se succèdent

il n'y a pas de vie et pas d'amour

je suis seulement indiscrète

c'est dans le soin patient, quotidien

de reprendre les petites choses

jour après jour comme un jardin

que pourront fleurir les roses

pouvoir le faire ce n'est pas rien

c'est triste de gâcher

les Barbaras sous barbelés

sont des Christs oubliés

car un enfant qui pleure c'est un enfant qui pleure

car un enfant qui meurt c'est un enfant qui meurt