Marie Papillon

la miette d'obscurité

je veux partir loin des magasins

loin des routes droites de goudron

loin des rires qui résonnent en creux entre les murs

loin des lumières jamais éteintes

oh je souhaite

rien qu'un petit carré de nuit

qui sente les épices de la terre vivante

rien qu'un petit carré de nuit

qui m'enrobe pour me tapir invisible à l'inconnu

qui tout près passera sans me voir

éteignez les lumières

laissez libres les cachettes

allumez les odeurs

je voudrais me reposer

à genoux

je cherche dans le parc

je cherche derrière à l'angle du mur et du trottoir

rien qu'une petite miette d'obscurité