hamac
C'est le soir dans le hamac, les derniers rayons roses du soleil et les nuages bleu outremer.
Ce sont les feuilles des arbres qui découpent sur le ciel encore clair de jolies ombres chinoises arrondies. Elles s'agitent avec d'infimes mouvements.
Ce sont les grillons les criquets les petits oiseaux et une musique flutée atténuée par les hauteurs qui émane du village en contrebas.
C'est le dernier soir à la cabane.
C'est avoir pensé aux autres en étant seule (presque). C'est ce soir réfléchir au fait qu'on ne veut bien vivre que ce qui quelque part est familier. Des personnes ont de mauvaises conditions de vie. Je pense à elles mais la pensée s'arrête à un moment dans l'oubli pour retourner en boucle sur elle-même, sur des personnes familières, qui ne représentent pas de réel danger ni agacement. Et pourtant autour de ces personnes je me crée des nœuds au cerveau parfois. C'est tranchant coupant de se rendre compte que l'empathie a ses limites et que la plupart du temps je n'ai réellement de l'empathie que pour moi-même. J'admire les personnes qui sont capables de davantage d'ouverture et de véritable soin des autres.
L'ESPOIR EST POLITIQUE C'est une phrase que C. a affiché dans la cabane. J'aime vraiment son univers. Je m'y suis sentie bien, en sécurité, possible d'être moi-même peu importe comment. (d'ailleurs plus tôt... remplacer la question qui suis-je qui ne veut rien dire par que suis-je ; de la même manière remplacer pourquoi ? par comment ?)
C'est l'énergie de la musique dans la voiture. C'est la connexion avec la tranquille discipline du passé. C'est se promettre de donner de l'espace à la joie dans le calme de ce qui doit toujours être "en train" entrain de se faire.
C'est une nuit d'été qui tombe. C'est demain qui n'est pas encore tout à fait là.