Chap.2 - résonance - Hartmut Rosa - palimpsestes
Le MOI papillon est-il l'expression de mon CORPS-PROPRE (Leib) ?
Je ne sais pas. À partir du moment où il s'agit d'une forme de réification du MOI:
- qui se sert d'une représentation symbolique (le papillon),
- qui se joue au travers d'un médiateur de la relation au monde problématique et peu corporel (Körper) qui est un écran,
je me façonne ici et j'instaure d'une certaine manière là encore une relation muette au monde. D'ailleurs, je bavasse volontairement un peu toute seule.
Cependant, j'ai le sentiment que cette pratique d'écriture est malgré tout une forme de résonance très forte. Après tout, je m'exprime. Par ce mouvement, quelque chose se passe dans ma psyché et dans mon rapport au monde, j'en suis certaine. Ce lieu est un rendez-vous. Il me stimule, me donne des idées que j'essaye d'appliquer ensuite autrement.
Attentions que je souhaite porter :
aux moments où je ressens que mon rapport au MOI, au CORPS ou au MONDE sont muets : les définir, leur donner moins d'importance à défaut de ne plus en vivre dans un premier temps ;
à résoudre les relations d'aliénation à soi que je créé ou qui se présentent à moi en relation amicale.
je vais par exemple continuer de dire "je suis fatiguée" quand c'est le cas.
Critique que je pourrais faire de ce chapitre :
Hartmut Rosa décrit avec des mots très justes, une pensée claire, ce qui est ressenti je pense par certaines personnes que je connais comme évident et du bon sens, sans y mettre autant de mots (la résonance avec le moi et le monde par le corps): ce besoin est symptomatique je pense d'un vécu reçu qui, pour aborder le monde a du souffrir lui aussi d'une relation muette au monde, sans quoi cette pensée critique ne serait pas venue au chercheur - ce livre est un cri comme il est une caresse ;
je trouve que prendre le temps de décortiquer, avec tout le temps et l'effort que cela prend, tout ce système de pensée qu'il a construit, est utile, et peut-être même thérapeutique.
NB : je me demande ce que Hartmut Rosa peut bien penser du cliché, de la stigmate, de l'image, de la photographie, de la vue/de l'œil qui fixe en général... du haïku même, qui saisit lui aussi quelque chose ?
Le haïku est-il une forme de résonance ?
Il me semble que oui si, quand il est tracé d'un seul geste sur le pont d'un bateau avec une serpillère, après y avoir réfléchi toute une journée, on laisse le soleil ou la pluie le noyer ou l'assécher, de sorte qu'il s'efface.