cabane
C. me prête sa cabane. c'est doux ici, c'est beau. enfin une solitude charmante. dans le décor de quelqu'un d'autre.
une autre cabane qui me donne des rêves de cabane. une cabane où c'est bien de s'activer pour vivre. une solitude entourée de bois. une immobilité mobile.
je fantasme peut-être encore fort. C. vient à peine de partir. mais je n'ai pas envie de repartir, moi, tout de suite. seulement un jour ici... c'est un signe non ? pourquoi pas revenir après tout ? comme si dans cette cabane dont ma tête rêve toute l'année je pouvais déposer quelque chose. se laisser porter par les vibes d'amour qui ont traversé la cabane déposées ici par d'autres. des façons de penser et de vivre qui se sont affirmées, qui s'autorisent, et qui ont été foutraques, évidemment, aussi.
ne pas courir. rester. nourrir l'amour à l'intérieur de la cabane. ce serait beau. d'avoir le droit d'être seule ici et de voir comment ça se passe. après tout je ne dois rien à personne pour l'instant. si j'ai pas envie, j'y vais pas pas vrai ?
en même temps, qu'est-ce qui pourrait m'attendre ailleurs ? c'est toujours pareil. et si la rencontre recelait plus que le cocon ?
(et aussi de la fatigue et des dépenses, qu'est-ce que j'ai peur de fuir partout comme un broc cassé)
C. a pris le temps de se nourrir d'elle-même. longtemps. de laisser s'écouler en elle les traumas variés et beaucoup plus immenses que les miens sans les heurter, les presser. ses petits musées personnels aux murs en témoignent. elle est si belle dans le glanage, ces petits projets qui s'alimentent avec le temps et deviennent plus grands. elle ose vivre, (elle). dans ses questions. dans ce qu'elle manifeste aujourd'hui. dans ses couleurs. elle ressemble beaucoup à S. par certains endroits.
je lui envie cette liberté, avec son corps, ses appétits.
est-ce que je vais parvenir à me voir ainsi, beaucoup plus simplement. je sais que parfois j'y suis. je le sens, ça vient, et ça repars. mais j'ai moins peur à force.
je me sens affamée de n'importe quoi. j'aimerais bien, un jour, m'autoriser à faire n'importe quoi. ou plutôt je ne sais quoi, avec je ne sais qui, je ne sais où, je ne sais comment.
la moraliste de ma tête a besoin de prendre des vacances. elle en a marre qu'on lui ai martelé des années quoi dire, quoi faire, quoi penser. prendre soin des autres, oui c'est bien ; penser à leur place, non ; et toi tu désires et tu as besoin de quoi toi ?
elle a envie de se planter, et de ne pas chercher d'excuses après.
"se planter"... c'est joli non, pour l'ancrage ?
"righteous". "there is great order in my queendom". je ne veux plus de sceptre. je ne veux plus de couronne. je veux jouer un peu à la folle, à la caracole, à la scribe, à la bergère, à la tenancière, à la menuisière, à la farandole.
j'appelle beaucoup de tendresse. j'appelle à délier les nœuds. j'appelle à vibrer. aux bons endroits. ceux qui ont du sens pour moi.
je le sentirai c'est sûr. j'ai confiance.
je ne veux plus jouer à la bourreau de moi-même, à la victime de moi-même, à celle qui se sauve in extremis. ça tourne en boucle et il y a plein d'autres personnages possibles.
j'appelle à ne plus penser que par la pratique. chiche ?