Marie Papillon

bivouac

autour du feu de camp, musique

la soirée touche à sa fin

j'entonne la mélodie de Rilke que tu m'as apprise et je la répète

jusqu'à ce qu'il n'y ait plus que le vent qui chante au travers des montagnes et du feu

sceau d'eau ils éteignent le feu

balet des lampes torches dans la nuit

puis l'obscurité

la masse sombre des pics rocheux

la clarté du ciel

étoilé si fort

il n'y a pas de pollution lumineuse

je m'étends et me laisse happer par le ciel

jusqu'aux vertiges

certaines étoiles là haut sont déjà mortes dit-on

ta chanson

sous le même ciel

comme dans tes bras

et pourtant tu n'es pas là

et si tu étais là

ciel magnétique

sous le même ciel

comme dans tes bras

dans la tente

mon sac à dos comme oreiller

l'odeur du pain frais farine complète

acheté l'après-midi

bonne nuit

(j'ai plein de questions sur l'amour qui dure

j'aimerais te les poser)